Réforme cotisations auto-entrepreneur 2026 : la nouvelle répartition CSG-CRDS / contributives
Réforme cotisations auto-entrepreneur 2026 : 23,60 € de CSG-CRDS sur 100 € (vs 29,70 € en 2025), retraite renforcée, taux global inchangé. Première application déclaration T1 du 30 avril 2026.

Ta déclaration URSSAF du 30 avril 2026 est la première à appliquer la nouvelle répartition issue de la réforme de l'assiette sociale des indépendants. Si tu déclares au trimestre, c'est ton T1 2026. Si tu déclares au mois, c'est ta déclaration de janvier 2026 transmise en février qui a déjà ouvert la marche.
Bonne nouvelle d'entrée : le taux global de tes cotisations URSSAF n'a pas bougé. Tu paies toujours le même pourcentage sur ton chiffre d'affaires encaissé. Ce qui change, c'est ce que devient chaque euro versé. Moins de CSG-CRDS (qui finance la solidarité nationale sans t'ouvrir de droit individuel direct), plus de retraite et d'indemnités journalières (qui te construisent des droits propres).
Cet article démêle ce qui change vraiment, donne les chiffres exacts pris à la source URSSAF, et répond aux six questions que les auto-entrepreneurs se posent à l'approche de la première déclaration concernée.
TL;DR
- Taux global URSSAF inchangé en 2026 (12,3 %, 21,2 %, 23,2 % ou 25,6 % selon activité).
- Répartition interne modifiée à partir du 1er janvier 2026 sur les cotisations versées.
- Sur 100 € de cotisations régime général : CSG-CRDS passe de 29,70 € à 23,60 €, retraite de base de 41,80 € à 43,45 €, retraite complémentaire de 16,50 € à 19,75 €, maladie et IJ de 8,90 € à 10,05 €, invalidité-décès de 3,10 € à 3,15 €.
- Première application : déclaration mensuelle de janvier 2026 (transmise en février) ou déclaration trimestrielle T1 2026 (échéance 30 avril 2026).
- Base légale : article 18 de la LFSS pour 2024, qui institue une assiette sociale unique pour tous les indépendants à compter du 1er janvier 2026 pour les micro-entrepreneurs.
Avant 2026 : une grosse part de tes cotisations partait en CSG-CRDS
Jusqu'au 31 décembre 2025, sur chaque tranche de 100 € de cotisations URSSAF versées au titre du régime général (artisans, commerçants, professions libérales non réglementées), la décomposition était la suivante :
- 29,70 € affectés à la CSG-CRDS (contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale)
- 41,80 € affectés à la retraite de base
- 16,50 € affectés à la retraite complémentaire
- 8,90 € affectés à la maladie et aux indemnités journalières
- 3,10 € affectés à l'invalidité-décès
La CSG-CRDS finance la branche maladie, la dette sociale et la solidarité nationale. C'est utile pour le pays, mais cette part ne t'ouvre pas de droit individuel direct, contrairement aux cotisations dites contributives (retraite, maladie, indemnités, invalidité) qui financent des prestations qui te reviennent personnellement.
Conséquence côté freelance : un auto-entrepreneur en libéral à 30 000 € de CA annuel versait environ 2 280 € de CSG-CRDS par an (29,70 % de ses 7 680 € de cotisations totales) sans ouverture directe de droits individuels.
Depuis le 1er janvier 2026 : la part contributive prend le dessus
L'URSSAF a publié la nouvelle répartition sur son portail auto-entrepreneur. Sur 100 € de cotisations versées en 2026 (régime général BIC vente, mêmes principes pour services et libéral non réglementé) :
| Composante | 2025 | 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| CSG-CRDS | 29,70 € | 23,60 € | −6,10 € |
| Retraite de base | 41,80 € | 43,45 € | +1,65 € |
| Retraite complémentaire | 16,50 € | 19,75 € | +3,25 € |
| Maladie + IJ | 8,90 € | 10,05 € | +1,15 € |
| Invalidité-décès | 3,10 € | 3,15 € | +0,05 € |
| Total | 100 € | 100 € | inchangé |
Le mouvement est clair. Plus de 6 € par tranche de 100 € basculent de la solidarité indifférenciée vers des droits individuels acquis. Sur la base 30 000 € de CA en libéral non réglementé évoquée plus haut, cela représente environ 470 € par an de cotisations qui ouvrent désormais des droits directs au lieu de partir en CSG-CRDS.
Pour la CIPAV (architectes, ostéopathes, psychologues, etc.), le mouvement est plus prononcé encore : la part CSG-CRDS descend d'environ 34 % à 27 %, et la retraite complémentaire CIPAV monte d'environ 25,60 % à 30,70 % du total versé. Pour les professions libérales non réglementées au régime général, la CSG-CRDS passe d'environ 32,50 % à 25,20 % et la retraite complémentaire d'environ 13 % à 21 %.
Pourquoi cette réforme : assiette sociale unique et droits réels
L'origine vient de l'article 18 de la LFSS pour 2024 (loi de financement de la sécurité sociale du 26 décembre 2023). L'objectif annoncé par le législateur : simplifier le calcul des cotisations sociales des indépendants en créant une assiette sociale unique, et corriger un déséquilibre de longue date entre indépendants et salariés sur l'effort retraite.
Pour les indépendants au régime réel, la réforme est entrée en vigueur dès la régularisation des cotisations 2025 (déclaration de revenus 2025 effectuée en 2026). Pour les micro-entrepreneurs, l'application est différée au 1er janvier 2026, en prise directe sur la déclaration de chiffre d'affaires.
Trois lignes directrices guident la réforme :
- Une assiette unique : les cotisations sociales et la CSG-CRDS sont calculées sur la même base, le revenu après abattement forfaitaire de 26 % (au régime réel ; les micro-entrepreneurs gardent leur barème simplifié).
- Une part contributive renforcée : à taux global constant, l'argent versé construit davantage de droits individuels.
- Une transparence renforcée : la décomposition est désormais publiée explicitement sur le portail URSSAF, ce qui n'était pas le cas auparavant.
Pour le micro-entrepreneur, la réforme se traduit par une mécanique invisible côté facturation et côté trésorerie. Tu déclares pareil. Tu paies pareil. Mais ton compte retraite progresse plus vite.
Ce qui change concrètement pour toi
À taux global inchangé, l'effet pratique se joue sur trois plans.
Côté retraite. La part affectée à la retraite (base + complémentaire) passe de 58,30 € à 63,20 € sur 100 € de cotisations versées (régime général BIC). Le nombre de trimestres validés ne bouge pas (les seuils PASS restent les mêmes), mais le montant cotisé pour ta pension augmente. À carrière courte ou intermittente, l'effet cumulé est plus marqué.
Côté indemnités journalières maladie. La part maladie + IJ passe de 8,90 € à 10,05 € sur 100 € versés. Le dispositif IJ pour auto-entrepreneurs (ouvert depuis le 1er juillet 2021, après un an d'activité et un revenu annuel supérieur à 4 113,60 € soit 10 % du PASS 2025) gagne en financement. Les règles de calcul des IJ ne changent pas en 2026, c'est leur soutenabilité qui est consolidée.
Côté invalidité-décès. La part reste quasi stable (+0,05 €), juste rééquilibrée à la marge.
Côté trésorerie, rien ne change. Tu paies pareil, tu pilotes pareil. La seule visibilité nouvelle est sur ton attestation URSSAF annuelle, où la décomposition apparaît désormais avec les nouveaux ratios.
Quand ça s'applique : ta déclaration du 30 avril 2026 est la première concernée
Le calendrier d'application dépend de ta périodicité de déclaration choisie à la création de ton auto-entreprise :
- Périodicité mensuelle : la première déclaration concernée est celle du chiffre d'affaires de janvier 2026, à transmettre en février 2026 (échéance le dernier jour du mois suivant). Tu es déjà passé à la nouvelle répartition lors de ta déclaration de février, mars et avril.
- Périodicité trimestrielle : la première déclaration concernée est celle du T1 2026 (CA encaissé du 1er janvier au 31 mars 2026), à transmettre avant le 30 avril 2026. C'est la déclaration qui s'ouvre cette semaine et que la majorité des freelances saisira d'ici quelques jours.
Concrètement, tu n'as rien à faire de spécial. Tu déclares ton CA encaissé comme d'habitude. L'URSSAF applique automatiquement le nouveau barème et les nouvelles affectations. Ton avis de cotisations reflètera la nouvelle décomposition.
Si tu utilises un outil comptable (Abby, Tiime, Indy, Henrri, Freebe, Pennylane), il a déjà été mis à jour côté serveur. Si tu déclares directement sur autoentrepreneur.urssaf.fr, l'interface est inchangée mais le calcul interne est nouveau.
Et après le 30 avril : à quoi être attentif
Quelques points de vigilance pour la suite :
- Régularisation 2025 : pour les indépendants au régime réel, la régularisation des cotisations 2025 effectuée en 2026 obéit déjà au nouveau dispositif. Les micro-entrepreneurs ne sont pas concernés par ce volet (ils déclarent au flux, pas en régularisation annuelle).
- Déclaration sociale unique 2025 : elle est à effectuer avant le 5 juin 2026 sur impots.gouv.fr pour les indépendants au régime réel. Les auto-entrepreneurs n'ont pas ce formulaire à remplir, mais peuvent recevoir des sollicitations de l'administration s'ils ont une activité mixte.
- Évolution des barèmes : les taux globaux 2026 sont stables. Aucune nouvelle hausse n'est actée à ce stade pour 2027 ou 2028. La LFSS 2026 (votée fin 2025) maintient les taux à leur niveau, la réforme ne joue que sur la répartition.
- Effet sur l'ACRE : si tu bénéficies de l'ACRE (50 % d'abattement la première année), elle s'applique sur le nouveau barème. Tu cotises 50 % de 21,2 % ou 25,6 % selon ton activité, avec la nouvelle répartition interne automatiquement.
Mention obligatoire
Cet article est rédigé à partir des sources officielles de l'URSSAF, du Service Public et de Légifrance, à jour au 26 avril 2026. Il s'agit d'une information générale, pas d'un conseil personnalisé. Pour une situation spécifique (activité mixte, double régime, transfert de cotisations CIPAV vers régime général ou inverse, etc.), consulte directement ton URSSAF de rattachement ou un expert-comptable.
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FAQ rapide
Mon taux global de cotisations URSSAF change-t-il en 2026 ?
Non, le taux global reste strictement identique à 2025. C'est uniquement la répartition interne qui évolue. Vous payez toujours 21,2 % sur le chiffre d'affaires en prestation de services BIC, 25,6 % en libéral non réglementé (régime général), 12,3 % en vente de marchandises BIC, 23,2 % en libéral CIPAV. Ce qui change, c'est ce que devient chaque euro versé : moins de CSG-CRDS, plus de retraite et d'indemnités journalières. À chiffre d'affaires identique, votre prélèvement URSSAF est inchangé centime près.
Mes trimestres de retraite vont-ils augmenter mécaniquement ?
Pas le nombre de trimestres validés (les seuils restent les mêmes), mais bien le montant cotisé pour la retraite. Sur 100 € de cotisations URSSAF, la part affectée à la retraite de base passe de 41,80 € à 43,45 € et la retraite complémentaire de 16,50 € à 19,75 €. Soit une hausse cumulée de presque 5 € par tranche de 100 € versée. Sur dix ans d'activité à 30 000 € de CA annuel en libéral, l'effet cumulé sur la pension future est sensible.
Si je suis CIPAV, suis-je concerné par la même réforme ?
Vous êtes concerné par le principe (baisse de la part CSG-CRDS au profit de la part contributive) mais avec ses propres barèmes. La part CSG-CRDS passe d'environ 34 % à 27 % du total versé, tandis que la retraite complémentaire CIPAV passe d'environ 25,60 % à 30,70 %. Le taux global reste inchangé à 23,2 %. Les professions concernées par la CIPAV restent celles listées par décret (architecte, ostéopathe, psychologue, etc.).
La réforme impacte-t-elle l'ACRE ou le versement libératoire de l'IR ?
Non, ces deux dispositifs sont indépendants. L'ACRE applique toujours un abattement de 50 % sur les cotisations URSSAF la première année, sur le nouveau barème. Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu reste à 1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon l'activité et continue de s'ajouter au taux URSSAF (par exemple 21,2 % + 1,7 % = 22,9 % en services BIC). La réforme ne touche que la répartition interne des cotisations sociales.
Je déclare en BNC, est-ce que la nouvelle répartition s'applique à moi ?
Oui, si vous êtes au régime général des professions libérales non réglementées (cas standard depuis 2018 pour les nouvelles activités libérales hors CIPAV). Sur 100 € de cotisations versées, la part CSG-CRDS descend autour de 25,20 € (vs 32,50 € en 2025) et la part retraite complémentaire monte autour de 21 € (vs 13 % auparavant). La retraite de base est stable. Effet net : davantage de droits acquis pour le même prélèvement.
Les indemnités journalières maladie auto-entrepreneur évoluent-elles aussi ?
La part des cotisations affectée aux indemnités journalières et à la maladie passe de 8,90 € à 10,05 € sur 100 € de cotisations versées (régime général BIC). Cela renforce le financement du dispositif IJ existant, ouvert depuis le 1er juillet 2021 aux auto-entrepreneurs ayant au moins un an d'activité et un revenu annuel supérieur à 4 113,60 € (10 % du PASS 2025). Le mode de calcul des IJ ne change pas en 2026, c'est leur financement qui est consolidé.
Sources
- Auto-entrepreneurs : une importance accrue de la part des cotisations contributives à compter du 1er janvier 2026. URSSAF auto-entrepreneur (consulté le 26 avril 2026)
- Réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations sociales. URSSAF (consulté le 26 avril 2026)
- Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur. Service-Public Entreprendre (consulté le 26 avril 2026)
- L'essentiel du statut auto-entrepreneur. URSSAF auto-entrepreneur (consulté le 26 avril 2026)
- Taux de cotisations, artisan, commerçant et profession libérale non réglementée. URSSAF (consulté le 26 avril 2026)
- Article 18 de la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024. Légifrance (consulté le 26 avril 2026)