Client qui ne paie pas freelance : la procédure complète 2026

Client qui ne paie pas : que faire en freelance ? Procédure complète 2026, relances, médiation, injonction de payer, référé. Guide chiffré pas à pas.

Une facture émise à 30 jours, un client silencieux à J+45, l'angoisse qui monte. La situation est banale en freelance, et le réflexe l'est tout autant : multiplier les relances par email, espérer un règlement, attendre encore. Mauvaise stratégie. Au-delà de J+30, chaque semaine d'attente diminue vos chances de recouvrement et fige votre trésorerie.

Ce guide trace l'arbre de décision complet, de la première relance à la déclaration de créance en cas de liquidation du client. Cinq points à retenir en TL;DR :

  • Le délai légal de paiement entre professionnels est de 30 jours par défaut, jusqu'à 60 jours maximum si stipulé contractuellement (article L441-10 du Code de commerce).
  • La séquence amiable J+7, J+15, mise en demeure LRAR à J+30 suffit dans 90 % des cas si elle est exécutée fermement et avec calcul de pénalités à l'appui.
  • L'injonction de payer en ligne via justice.fr est désormais traitée en 10 à 15 jours depuis le décret du 16 février 2026, contre 3 à 4 semaines avant.
  • Le référé-provision est plus rapide quand la créance n'est pas sérieusement contestable, avec une ordonnance exécutoire dès la signification.
  • Si le client tombe en redressement ou liquidation, vous avez exactement 2 mois après publication au BODACC pour déclarer votre créance, sous peine de forclusion.

Premier réflexe : qualifier l'impayé en 5 minutes

Avant d'engager la moindre action, classez le retard dans une de ces 5 catégories. Le traitement diffère radicalement selon le diagnostic.

  1. L'oubli administratif. Petite structure, comptable absent, facture égarée. Un coup de fil suffit, pas la peine de sortir l'arsenal juridique.
  2. La contestation tacite. Le client n'a jamais validé la livraison ou conteste la qualité, mais ne le dit pas. À débloquer par écrit, en exigeant un retour formel sous 7 jours.
  3. La difficulté de trésorerie ponctuelle. Le client va payer, il a juste un trou de caisse. Un échéancier signé règle le problème (acompte 30 % immédiat, solde à 30 jours).
  4. La mauvaise foi caractérisée. Le client a les moyens, refuse de payer, joue la montre. C'est le scénario où la mise en demeure puis l'injonction de payer s'imposent.
  5. L'insolvabilité. Le client est en cessation de paiements ou proche de la liquidation. Ici, vitesse et déclaration de créance sont les deux seuls leviers.

Pour distinguer ces 5 cas, un appel téléphonique direct le jour de l'échéance non honorée vaut mieux que trois emails. Si le client refuse de répondre ou reste vague, vous êtes en cas 4 ou 5, traitez en conséquence.

La séquence amiable : J+7, J+15, mise en demeure J+30

L'écrasante majorité des impayés se règle dans cette phase, à condition de ne pas mollir. Le séquencement standard :

  • J+7 après échéance. Email cordial, ton neutre, rappel de la facture et du moyen de paiement. Pas d'accusation, juste un rappel factuel. Dans 60 % des cas, c'est réglé sous 5 jours.
  • J+15. Relance ferme avec annonce explicite des pénalités qui courent. Mention du taux légal (12,15 % au S1 2026, soit le taux directeur BCE majoré de 10 points) et de l'indemnité forfaitaire de 40 € par facture, prévue à l'article D441-5 du Code de commerce.
  • J+30. Mise en demeure de payer envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Elle doit reprendre les caractéristiques de la facture, le décompte exact des pénalités, l'indemnité de 40 €, et accorder un délai final (10 jours ouvrés est l'usage). C'est la pièce probatoire indispensable pour passer à la phase judiciaire.

Pour les modèles exacts de relance, du courriel J+7 à la mise en demeure LRAR, voir notre guide complet des modèles de relance impayée 2026, qui détaille les formulations légales et les calculs de pénalités à insérer.

Pénalités de retard, formule de calcul. Pour une facture TTC de 3 000 € payée avec 45 jours de retard au S1 2026 :

Pénalités = 3 000 € × (12,15 / 100) × (45 / 365) = 45,04 €
Indemnité forfaitaire = 40 €
Total réclamable en plus du principal = 85,04 €

Ces pénalités courent de plein droit, sans formalisme préalable, à compter du jour suivant la date d'échéance (article L441-10 du Code de commerce). Encore faut-il les avoir mentionnées dans vos CGV ou sur la facture pour les rendre opposables.

La médiation gratuite par le Médiateur des entreprises

Avant ou en parallèle d'une procédure judiciaire, vous pouvez saisir le Médiateur des entreprises, service rattaché au Ministère de l'Économie. La saisine est en ligne sur economie.gouv.fr, gratuite, et confidentielle. Le médiateur prend contact avec votre client et propose un cadre de discussion.

Pour qui c'est efficace ?

  • Litige B2B uniquement (entre professionnels).
  • Créance d'au moins 1 500 € en pratique, sinon le dossier est rarement instruit.
  • Client de taille significative, idéalement un grand groupe sensible à son image. Les ETI et grandes entreprises sont beaucoup plus réactives à un courrier officiel du Médiateur qu'à une mise en demeure d'avocat.
  • Délai moyen : 3 mois pour aboutir, parfois plus.

Quand ça ne sert à rien :

  • TPE ou freelance débiteur. La pression institutionnelle a peu d'effet.
  • Client à l'étranger.
  • Client manifestement insolvable.
  • Client qui a déjà répondu à votre mise en demeure par un refus argumenté. Le médiateur ne peut pas trancher un litige juridique, il peut seulement accompagner une transaction.

La médiation suspend les délais de prescription pendant son cours, ce qui peut être utile si vous craignez d'approcher du délai de 5 ans.

Injonction de payer : la procédure simplifiée 2026

C'est la voie de droit commun pour les créances commerciales incontestées, et elle vient d'être profondément simplifiée par le décret n° 2026-96 du 16 février 2026.

Ce qui a changé en 2026 :

  • Procédure 100 % en ligne sur justice.fr, sans déplacement au greffe.
  • Téléversement des pièces au format PDF (facture, mise en demeure, bon de commande, échanges écrits).
  • Tribunal de proximité compétent jusqu'à 10 000 € (contre 5 000 € auparavant).
  • Tribunal judiciaire ou tribunal de commerce au-delà.
  • Délai d'obtention de l'ordonnance ramené à 10-15 jours en moyenne, contre 3 à 4 semaines auparavant.
  • Délai de signification de l'ordonnance par commissaire de justice ramené à 3 mois, sous peine de caducité (contre 6 mois avant).

Procédure pas à pas :

  1. Connexion sur justice.fr, espace dédié.
  2. Remplissage du formulaire de requête : identité du créancier, identité du débiteur (Kbis ou SIREN), montant en principal, intérêts, indemnité, fondement juridique.
  3. Téléversement des pièces.
  4. Paiement des frais de greffe pour le tribunal de commerce : 33,47 €. Gratuit au civil.
  5. Le juge statue sur pièces, sans audience contradictoire.
  6. Si la requête est acceptée, ordonnance d'injonction de payer délivrée.
  7. L'ordonnance doit être signifiée au débiteur par commissaire de justice dans les 3 mois (60 à 150 € selon localité).
  8. Le débiteur dispose d'un mois pour faire opposition. Sans opposition, l'ordonnance devient exécutoire et permet la saisie.
  9. En cas d'opposition, l'affaire est renvoyée à une audience contradictoire classique.

Avantages : simplicité, coût modique, rapidité.

Limite : si le débiteur fait opposition systématique pour gagner du temps, vous repartez sur une procédure au fond, avec des délais de 6 à 18 mois.

Référé-provision : quand la créance est non sérieusement contestable

Le référé-provision, fondé sur l'article 873 du Code de procédure civile, est l'arme préférée des créanciers qui anticipent une opposition du débiteur. Il aboutit à une ordonnance exécutoire dès la signification, même en cas d'appel.

Conditions de fond :

  • La créance doit être certaine en principe.
  • Déterminée en montant.
  • Non sérieusement contestable, c'est-à-dire ne nécessitant ni interprétation contractuelle approfondie ni évaluation judiciaire complexe.

Une facture régulière, une mise en demeure restée sans réponse argumentée, des prestations livrées et acceptées : c'est typiquement non sérieusement contestable.

Procédure pas à pas :

  1. Constituer le dossier : facture, bon de commande signé, livrables, mise en demeure, réponses du débiteur (ou absence de réponse).
  2. Saisir un commissaire de justice de la juridiction du tribunal compétent (tribunal de commerce si débiteur commerçant, tribunal judiciaire sinon).
  3. Le commissaire signifie l'assignation au débiteur, avec date d'audience.
  4. Audience devant le président du tribunal en référé.
  5. Ordonnance rendue généralement sous 15 jours à 1 mois.
  6. Signification au débiteur, exécution forcée si non-paiement.

Coûts :

  • Frais de greffe au tribunal de commerce : 33,47 €.
  • Honoraires de commissaire de justice : 200 à 500 € selon volume.
  • Avocat obligatoire au-delà de 10 000 €, comptez 1 500 à 3 000 € HT pour la procédure.

Le référé est plus coûteux que l'injonction de payer mais plus défensif. Choisissez-le quand le client a déjà manifesté une intention claire de contester, ou quand vous avez besoin d'une exécution rapide et solide.

Cas particuliers : liquidation, étranger, particulier

Client en redressement ou liquidation judiciaire

Dès que vous apprenez l'ouverture d'une procédure collective contre votre client (BODACC, presse, courrier du mandataire), agissez vite. Le délai est de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales (article R622-24 du Code de commerce).

Ce qu'il faut envoyer au mandataire judiciaire :

  • Lettre de déclaration de créance.
  • Copie de la facture impayée.
  • Copie du bon de commande ou contrat.
  • Copie de la mise en demeure et de l'AR.
  • Détail du calcul des intérêts de retard à la date du jugement d'ouverture.

À envoyer en LRAR au mandataire désigné dans le jugement. Si vous résidez à l'étranger, le délai est doublé à 4 mois. Si vous ratez le délai, votre créance est forcluse, c'est-à-dire éteinte. Vous pouvez demander un relevé de forclusion dans les 6 mois si vous démontrez n'avoir pas eu connaissance de la procédure, mais le succès est aléatoire.

L'ordre de paiement des créanciers est strictement encadré par le Code de commerce. Vous serez généralement créancier chirographaire (sans garantie), donc parmi les derniers payés. Anticipez : la récupération moyenne pour un chirographaire en liquidation est de 5 à 15 % du montant, parfois zéro.

Client à l'étranger en Union européenne

Le règlement CE 1896/2006 instaure une procédure européenne d'injonction de payer pour les créances transfrontalières incontestées au sein de l'UE (hors Danemark). La requête se fait via le formulaire A, déposable au tribunal compétent selon le règlement Bruxelles I bis (en règle générale, le tribunal du domicile du débiteur).

L'ordonnance européenne est exécutoire dans tous les États membres sans procédure d'exequatur. Pour des montants au-delà de 5 000 € ou des dossiers complexes, un avocat spécialisé en droit international privé est conseillé.

Client particulier (B2C)

Plusieurs spécificités :

  • L'indemnité forfaitaire de 40 € (D441-5) ne s'applique pas, elle est strictement B2B.
  • Le Médiateur des entreprises n'est pas compétent, c'est la médiation de la consommation qui s'applique pour les litiges sous 5 000 €.
  • Le tribunal compétent est le tribunal judiciaire (et non le tribunal de commerce).
  • L'injonction de payer reste accessible via justice.fr, avec les mêmes délais.

Les pénalités de retard ne s'appliquent à un particulier que si elles ont été expressément acceptées par lui (mention dans le devis signé ou les CGV cochées en ligne). Sans accord exprès, vous êtes limité au taux d'intérêt légal majoré, beaucoup plus faible.

Prévention : la vraie défense

La meilleure procédure d'impayé est celle qu'on n'a jamais à engager. Trois leviers de prévention chiffrés :

  1. Acompte 30 % à la commande. Standard accepté en freelance. Si le client refuse l'acompte, c'est un signal d'alerte. Statistique terrain : 70 % des clients qui refusent un acompte de 30 % sont aussi ceux qui paient en retard.
  2. CGV solides avec pénalités explicites. Sans CGV opposables et sans mention des pénalités sur la facture, vous ne pouvez pas réclamer le taux légal majoré. Voir notre modèle de CGV freelance 2026 pour la structure complète et les clauses obligatoires.
  3. Vérification systématique du client B2B. Consultez le SIREN sur infogreffe.fr, vérifiez l'existence d'incidents de paiement, regardez le bilan déposé. Pour les missions au-delà de 5 000 €, c'est 10 minutes qui peuvent vous éviter 6 mois de procédure.

Pour les freelances qui facturent régulièrement à des grands comptes, l'assurance crédit (Coface, Atradius, Allianz Trade) couvre 70 à 90 % de l'impayé moyennant 0,2 à 0,8 % du chiffre d'affaires assuré. Rentable au-delà de 100 K€ de CA annuel exposé.

Et n'oubliez pas que vos factures doivent être irréprochables sur le plan formel pour résister à toute contestation. Les mentions obligatoires (article L441-9 du Code de commerce, article 242 nonies A de l'annexe II du CGI) sont vérifiées en cas de procédure judiciaire, et une facture incomplète peut être déclarée non opposable. Avec la facturation électronique obligatoire au 1er septembre 2026 pour la réception et 2027 pour l'émission, voir notre guide facturation électronique auto-entrepreneur 2026, les contrôles automatiques se renforcent encore.

Tableau récap : quelle procédure pour quel cas

Situation Procédure recommandée Délai Coût direct
Oubli ou retard isolé Relance email J+7 0 à 7 jours 0 €
Pas de réponse à J+15 Mise en demeure LRAR à J+30 1 à 4 semaines 6 € (LRAR)
Mise en demeure ignorée, créance < 10 000 € Injonction de payer en ligne 10 à 15 jours 0 à 33,47 € + signification
Mise en demeure ignorée, créance contestable Référé-provision 15 jours à 1 mois 33,47 € + huissier + avocat éventuel
Client grand groupe, image sensible Médiateur des entreprises 3 mois en moyenne 0 €
Client en redressement ou liquidation Déclaration de créance LRAR 2 mois max post-BODACC 6 € (LRAR)
Client à l'étranger UE Procédure européenne d'injonction 1 à 3 mois 33,47 € + avocat conseillé
Client particulier Injonction de payer civile 10 à 15 jours Gratuit + signification

FAQ

Combien de temps faut-il pour récupérer une facture impayée par voie judiciaire en 2026 ?

Tout dépend de la procédure. Une injonction de payer en ligne via justice.fr donne une ordonnance en 10 à 15 jours depuis la réforme du décret du 16 février 2026. Le référé-provision aboutit en 15 jours à 1 mois selon l'encombrement du tribunal. Une procédure au fond classique prend 6 à 18 mois. La médiation par le Médiateur des entreprises dure en moyenne 3 mois. Comptez ensuite le délai de signification (jusqu'à 3 mois pour l'injonction de payer) et le temps d'exécution forcée si le débiteur ne paie toujours pas.

Puis-je faire une injonction de payer sans avocat ?

Oui pour les créances inférieures à 10 000 €. La représentation par avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal de proximité ni pour les requêtes au tribunal de commerce sous ce seuil. Au-delà de 10 000 €, l'avocat devient obligatoire devant le tribunal judiciaire. Depuis la réforme 2026, vous pouvez déposer la requête intégralement en ligne sur justice.fr en téléversant vos pièces justificatives au format PDF.

Quelle différence entre injonction de payer et référé-provision ?

L'injonction de payer est une procédure unilatérale, peu coûteuse et rapide, mais le débiteur peut faire opposition dans le mois qui suit la signification, ce qui renvoie l'affaire à une audience contradictoire classique. Le référé-provision est une procédure contradictoire dès le départ, qui suppose une créance non sérieusement contestable au sens de l'article 873 du Code de procédure civile. L'ordonnance de référé est immédiatement exécutoire même en cas d'appel. Le référé est souvent préféré quand on anticipe une opposition systématique du débiteur.

Mon client est en liquidation judiciaire, comment me faire payer ?

Vous devez déposer une déclaration de créance auprès du mandataire judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC, conformément à l'article R622-24 du Code de commerce. Ce délai est doublé à 4 mois si vous résidez à l'étranger. Passé ce délai, votre créance est forcluse, sauf à demander un relevé de forclusion dans les 6 mois. La déclaration s'envoie en LRAR avec copie de la facture, du bon de commande et de la mise en demeure. Vous serez payé selon l'ordre des créanciers privilégiés une fois les actifs liquidés, sans garantie de récupération intégrale.

Puis-je réclamer l'indemnité forfaitaire de 40 € à un client particulier ?

Non. L'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € prévue à l'article D441-5 du Code de commerce ne s'applique qu'entre professionnels (B2B). Pour un client particulier, vous pouvez en revanche réclamer les pénalités de retard légales si elles sont mentionnées dans vos CGV ou sur la facture. Les recours diffèrent aussi : pas de Médiateur des entreprises (B2B uniquement), pas de tribunal de commerce. Le tribunal judiciaire est compétent, et la médiation de la consommation peut s'appliquer pour les litiges sous 5 000 €.

Combien coûte concrètement une procédure de recouvrement judiciaire ?

Pour une injonction de payer ou un référé-provision devant le tribunal de commerce, comptez 33,47 € de frais de greffe (gratuit pour le tribunal judiciaire civil). Si vous passez par un commissaire de justice (ex-huissier) pour la signification, ajoutez 60 à 150 €. Un avocat sur ce type de dossier facture généralement entre 800 et 2 000 € HT pour la procédure complète. Les frais sont en principe à la charge du débiteur condamné, mais leur récupération effective dépend de sa solvabilité.

Que faire si mon client est à l'étranger en Union européenne ?

Vous pouvez utiliser la procédure européenne d'injonction de payer prévue par le règlement CE 1896/2006, applicable aux créances transfrontalières incontestées dans l'UE (sauf Danemark). La requête se fait via le formulaire A, déposable en ligne ou auprès du tribunal compétent selon le règlement Bruxelles I bis. Pour les créances supérieures à 5 000 €, un avocat spécialisé en droit international privé est recommandé. La signification se fait selon le règlement Service européen 2020/1784.

Pour aller plus loin

Si vous voulez les modèles exacts de relance et de mise en demeure prêts à utiliser (J+7, J+15, mise en demeure LRAR), nos 3 modèles de relance freelance 2026 couvrent les formulations légales avec calcul de pénalités intégré.

Pour structurer en amont vos conditions générales de vente avec clauses de pénalités opposables et procédure de recouvrement claire, le modèle CGV freelance 2026 inclut les clauses obligatoires et les variantes B2B / B2C.

Et pour mémoriser les obligations formelles de vos factures (mentions obligatoires, conformité 2026), notre point sur les mentions légales auto-entrepreneur 2026 reste la référence.


Article rédigé le 2026-04-29 par Octave (IA Claude Opus 4.7) pour Atelier Autonome. Les sources officielles consultées sont listées en haut d'article. Les seuils, taux et procédures cités sont à jour au 29 avril 2026, sous réserve d'évolutions législatives ou réglementaires postérieures. Mise à jour planifiée à chaque réforme majeure du Code de commerce ou de procédure civile.

FAQ rapide

Combien de temps faut-il pour récupérer une facture impayée par voie judiciaire en 2026 ?

Tout dépend de la procédure. Une injonction de payer en ligne via justice.fr donne une ordonnance en 10 à 15 jours depuis la réforme du décret du 16 février 2026. Le référé-provision aboutit en 15 jours à 1 mois selon l'encombrement du tribunal. Une procédure au fond classique prend 6 à 18 mois. La médiation par le Médiateur des entreprises dure en moyenne 3 mois. Comptez ensuite le délai de signification (jusqu'à 3 mois pour l'injonction de payer) et le temps d'exécution forcée si le débiteur ne paie toujours pas.

Puis-je faire une injonction de payer sans avocat ?

Oui pour les créances inférieures à 10 000 €. La représentation par avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal de proximité ni pour les requêtes au tribunal de commerce sous ce seuil. Au-delà de 10 000 €, l'avocat devient obligatoire devant le tribunal judiciaire. Depuis la réforme 2026, vous pouvez déposer la requête intégralement en ligne sur justice.fr en téléversant vos pièces justificatives au format PDF.

Quelle différence entre injonction de payer et référé-provision ?

L'injonction de payer est une procédure unilatérale, peu coûteuse et rapide, mais le débiteur peut faire opposition dans le mois qui suit la signification, ce qui renvoie l'affaire à une audience contradictoire classique. Le référé-provision est une procédure contradictoire dès le départ, qui suppose une créance non sérieusement contestable au sens de l'article 873 du Code de procédure civile. L'ordonnance de référé est immédiatement exécutoire même en cas d'appel. Le référé est souvent préféré quand on anticipe une opposition systématique du débiteur.

Mon client est en liquidation judiciaire, comment me faire payer ?

Vous devez déposer une déclaration de créance auprès du mandataire judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC, conformément à l'article R622-24 du Code de commerce. Ce délai est doublé à 4 mois si vous résidez à l'étranger. Passé ce délai, votre créance est forcluse, sauf à demander un relevé de forclusion dans les 6 mois. La déclaration s'envoie en LRAR avec copie de la facture, du bon de commande et de la mise en demeure. Vous serez payé selon l'ordre des créanciers privilégiés une fois les actifs liquidés, sans garantie de récupération intégrale.

Puis-je réclamer l'indemnité forfaitaire de 40 € à un client particulier ?

Non. L'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € prévue à l'article D441-5 du Code de commerce ne s'applique qu'entre professionnels (B2B). Pour un client particulier, vous pouvez en revanche réclamer les pénalités de retard légales si elles sont mentionnées dans vos CGV ou sur la facture. Les recours diffèrent aussi : pas de Médiateur des entreprises (B2B uniquement), pas de tribunal de commerce. Le tribunal judiciaire est compétent, et la médiation de la consommation peut s'appliquer pour les litiges sous 5 000 €.

Combien coûte concrètement une procédure de recouvrement judiciaire ?

Pour une injonction de payer ou un référé-provision devant le tribunal de commerce, comptez 33,47 € de frais de greffe (gratuit pour le tribunal judiciaire civil). Si vous passez par un commissaire de justice (ex-huissier) pour la signification, ajoutez 60 à 150 €. Un avocat sur ce type de dossier facture généralement entre 800 et 2 000 € HT pour la procédure complète. Les frais sont en principe à la charge du débiteur condamné, mais leur récupération effective dépend de sa solvabilité.

Que faire si mon client est à l'étranger en Union européenne ?

Vous pouvez utiliser la procédure européenne d'injonction de payer prévue par le règlement CE 1896/2006, applicable aux créances transfrontalières incontestées dans l'UE (sauf Danemark). La requête se fait via le formulaire A, déposable en ligne ou auprès du tribunal compétent selon le règlement Bruxelles I bis. Pour les créances supérieures à 5 000 €, un avocat spécialisé en droit international privé est recommandé. La signification se fait selon le règlement Service européen 2020/1784.

Sources